The woman who wasn’t there

Ibiza. 18 juillet 1888. L’insolation, son lot de mirages et d’hallucinations guettent les proies fragiles sur ce paysage lunaire. NICO et ICON sont sur un vélo. NICO y laisse sa peau. Qui reste-t-il ? Son double fantasmé. ICON donc.

photo © Gérard Malanga

C’est bien de cela qu’il s’agit, d’une idole underground, légende obscure, demi-déesse déchue, quand on se plonge dans le documentaire biographique, voire hagiographique, Nico Icon réalisé par Susanne Ofteringer en 1995. Un film qui en dit long sur l’icône à travers les anecdotes, réelles ou qui sait, des survivants, anciens amants, fidèles, faux amis. Mais on en apprend peu sur Christa Päffgen, depuis longtemps (toujours ?) enfouie tout au fond de NICO. Bien profond.

Malgré le nombre d’images, disques, films et documents, on peine à entrevoir ce qui anime ou atteint la petite teutonne aux enfances souvent inventées, parfois par elle-même d’ailleurs. Aucun moyen de sonder l’âme sous le visage lisse du jeune mannequin de Vogue, cette photogénie désincarnée et l’attitude désabusée qui subjuguaient, d’une manière presque malsaine.

photo © Mark Shaw / Life Magazine

Derrière l’égérie Wharolienne, l’amante religieuse des Morisson, Cale, Iggy Pop et consorts, la muse et compagne du cinéaste Philippe Garrel, la poupée-pantin du « Strip Tease » de Jacques Poitrenaud, on refuse de croire que la monocorde NICO, le regard lointain jusqu’à l’absence, ne signifiaient que du vide. On voudrait penser qu’elle a choisi l’abandon, le refus des désillusions en optant pour l’anesthésie à vie, aidée par la fée morphine.

Vegas – Nico (1981)

On conseille alors de lire ou relire le très bel hommage d’Alban LEFRANC édité en 2009 aux Editions Verticales : VOUS N’ETIEZ PAS LA. Ni bio, ni roman, le récit interpelle la disparue, lui parle, la questionne, nous interroge aussi. La tentative de dialogue, d’ici bas, la rendra peut-être plus accessible ? En tous cas, on remercie l’auteur d’avoir évoqué sa belle intimité avec Lenny BRUCE, précurseur insolent du stand up new-yorkais, vif et impertinent même entre deux fix d’héroïne. Et quand on écoute ce titre de NICO, que l’on entend le chagrin, comment penser encore que l’émotion glissait sur elle ?

Eulogy to Lenny Bruce – Nico (1967)

Avant de vous offrir la lecture de quelques pages d’Alban Lefranc, Dzzing se permet d’insérer un morceau qui n’a de Nico que le titre : il ne lui est pas dédié, bien loin de son époque et son univers, car composé par le jazzman contemporain Julien LOURAU; cependant, si la grâce intérieure de Christa Päffgen avait une musique, elle pourrait être celle-ci :

Nico – Julien Lourau Saïgon Quartet (2009)

 

 

 

~ par Val Marquet a.k.a Alcaline sur 17 juillet 2010.

Une Réponse to “The woman who wasn’t there”

  1. Un bel article pour une belle déesse qui a fait fantasmer mes nuits par sa voix et sa plastique mistèrieuse…

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