Heart and soul

Peter Hook & friends play Unknown Pleasures, 10 mars 2011, Paris. C’est typiquement le genre d’annonce qui ravive illico notre ferveur adolescente pour Factory Records et l’iconique Joy Division. Puis, passé  le quart d’heure d’emballement, la peur de la déception nous guette :  et si ça sentait le sapin ? et si ça ressemblait à une réunion de quadra au cuir fatigué,  et si, et si ? Non, l’engouement optimiste reprend le pas sur nos doutes timorés.

Photo © David Sultan

Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Concert à guichet fermé oblige, le marché noir fait flamber l’entrée. On se dit veinard de se retrouver au coude à col (de perfecto) parmi 700 fans dans un Trabendo dont les fresques signées Futura 2000 font oublier les notes bleues de l’ancien Hot Brass : depuis dix ans et surtout ce soir, l’affiche est électrique.

Photo © David Sultan

Rejouer Unknown Pleasures avec quelques copains musiciens (dont le fils de Peter Hook qui prend la basse de papa au même âge que ce dernier à la sortie de l’album), c’est une idée qui peut sembler scandaleuse à certains puristes étroits du cervelet, à lire certains posts sur le net ; pour nous, c’est une envie légitime et naturelle du complice de Ian Curtis, à ses côtés depuis la période Warsaw jusqu’à la fin de Joy Division, avant de continuer en fondant New Order. On est même tout sourire que ce concert-hommage donné à Manchester en mai 2010 se soit transformé en tournée.

Photo © David Sultan

Alors même si le pogo est moins évident avec des talons, une coupe de champagne et  quarante berges dans les tibias, la sensation est mieux qu’intacte : différents, puissants, séminaux, ces plaisirs inconnus le deviennent presque et Hooky d’éviter les écueils tant redoutés. Aucune ombre morbide ne plane dans la salle; le jeu se veut respectueux tout en révélant la personnalité de ces Peter’s friends. On dépasse vite la phase de comparaison (impossible de ne pas se remémorer la batterie martiale de Stephen Morris et le chant épileptique de Ian Curtis) pour laisser une sève nouvelle gagner du terrain et nourrir un live bien vivant. She’s lost control ? Oh oui bien sur. Et pas que. Quand Peter Hook, la basse toujours sur les genoux, les traits juste plus épais et l’organe à la générosité rocailleuse, entonne l’hymne Love will tear us apart, il invite presque Tom Waits sur la scène de l’Hacienda. Transmission réussie.

Photo © David Sultan

Une interview de Peter Hook & friends réalisée par Valérie Paillé pour « Tracks » et des extraits du live au Trabendo seront bientôt visibles sur Arte.

Enjoy these Pleasures…

Photo © Sikha Robleto

~ par Val Marquet a.k.a Alcaline sur 21 mars 2011.

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