Deux fois si, senior

Le troisième âge est-il soluble dans la musique ? Le génie contient-il un anti-oxydant ? A l’écoute des productions actuelles d’une scène sexagénaire -et plus- toujours verte, on a tendance à opiner. Oui, la carte vermeil se mue parfois en gold pass, surtout lorsque ces briscards entraînent des plus jeunes avec eux. On s’userait moins vite à deux ? En tous cas, aucun signe de décalcification sonore chez nos quatre fêlés préférés : Brian Eno, Bernard Fèvre, Gil Scott Heron, Alan Vega.

Passer sans complexe des talonnettes glam’ à la scène no wave, produire le « Remain in Light » des Talking Hedas et de la « Music for Airports » (variante des ascenseurs), révéler la face berlinoise de Bowie et composer le jingle de Windows 95 : vous trouvez ça absurde la vie de Brian ? Il déroute, fascine ou énerve, mais méritait bien de refaire surface et pas n’importe où : à 63 ans, BRIAN ENO s’invite chez WARP pour un album en collaboration avec un poète.

Glitch – BRIAN ENO & RICK HOLLAND / extrait de « Drums Between the bells » à paraître en juin :

 

Merci Bernard ! Bon, d’accord, le clin d’oeil télévisuel Desprogesque est facile, mais irrésistible et surtout, justifié : combien de wagons d’artistes pourraient remercier la sortie en 78  du « Black Devil » de Bernard Fèvre, chef de file obscur et culte d’une scène électro-dark-disco ? Reprenant ses lauriers et ses claviers, sous l’alias Black Devil Disco Club, papy met les morveux à l’heure : pour ses 64 ans, BERNARD FEVRE revient dans l’arène avec dix numéros en tandem. Du synthétique acrobatique avec quelques « jeunes » bien barrés.

My Screen – BLACK DEVIL DISCO CLUB feat. NICOLAS KER / extrait de « Circus » sorti en avril dernier :

Ceux qui étaient au New Morning un certain soir circa 91-92 ont connu une érection du système pileux. Première raison : l’organe vibrant d’une soul sombre, brute, majeure. La seconde ? Notre crainte de voir ce géant fébrile flottant dans un vieux Fruit of The Loom, s’évaporer très vite. Ouf. Malgré les fractures de la came et les geôles qui vont avec, GIL SCOTT HERON s’est relevé à 62 ans, fièrement même. Et comme tout ressuscité, il produit des miracles, grâce, aussi, au talent d’un gamin qui naissait il y a vingt ans environ. Ce fameux jour où l’on a eu si peur ?

Running – GIL SCOTT HERON & JAMIE XX / extrait de « We’re New here » sorti en mars dernier

Le plus vieux de la bande (72 ans sous le cuir) n’est pas le plus rangé. Même si cet envers du king a connu la lumière des charts eighties avec l’hymne rockab’ dark et décalé « Jukeboxbabe », il est retourné haleter en souterrain entre deux performances d’art. 40 ans après le premier opus de SUICIDE, même sans MARTIN REV triturant les machines, ALAN VEGA signe au Son du Maquis un album à la fureur intacte, revigorée sans doute par un nouvel alter ego, le leader d’Etant Donnés et ancienne moitié de DAF. Brrr….

It – ALAN VEGA & MARC HURTADO / extrait de « Sniper » sorti en septembre 2010

~ par Val Marquet a.k.a Alcaline sur 3 mai 2011.

Une Réponse to “Deux fois si, senior”

  1. « On ce dit souvent…et si ils était encore en vie ça donnerai quoi? »
    B’hein vooaala, ça donne ça et je trouve trés intéressant de chercher les « traces » et empreintes de leurs passé dans ce présent technologique.
    …Touchant…

    Danke.

    F2

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