Rebel with a cause

Le Festival MARSATAC derrière nous et les 28 000 adeptes du « Riot » 2011 gentiment rentrés au bercail, on s’attarde un instant sur les images restées en mémoire. Pour les aficionados : une bonne rafale de sons ; pour les détracteurs ou les gens bourrés : un flou auditif disparate. Certes, mais pour une fois, on parlera ici des images tout court, sans la musique. Un prétexte heureux pour s’arrêter sur TABAS (car on s’arrête au Tabac, mais sur Tabas) : graphiste, peintre, illustrateur et auteur de l’identité du festival depuis 2004, entre autres travaux qui font les books à la fois prolifiques et cohérents. Une pause en compagnie d’un garçon qui, derrière la discrétion du personnage et le second degré de ses créations, est plus rebelle qu’il n’y parait. Et la révolte, c’est -aussi- un sujet sérieux. La preuve en trois questions.

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DZZING : Pour cette dernière édition et plus globalement depuis cinq ans, la thématique visuelle de Marsatac joue avec les codes de la rébellion, de l’attaque virale au no logo/no info, jusqu’aux symboles de guérilla. Pour toi, quelle personnalité représente un vrai rebelle ?

TABAS : Avant tout, je précise que « l’attaque » suggérée dans la communication du festival 2011, même si le triangle du logo cligne de l’oeil à Orange Mécanique, reste « fun » et bon enfant : le lance-pierre est une arme D.I.Y et les projectiles, des bonbons ! Ensuite, pour évoquer les vrais rebelles, j’ai envie de répondre Mahatma Gandhi, même si je ne partage pas tous ses points de vue, notamment sur la religion. Ce petit homme militait pour la non-violence et surtout pour une rébellion individuelle : « Une révolution profonde dans le caractère d’une seule personne contribuera à changer la destinée d’une société et celle de l’humanité toute entière. »

DZZING : Si jamais tu perdais soudain l’image comme principal moyen d’expression, de quelle arme disposerais-tu pour te faire entendre et donner à voir ?

TABAS : Le savoir ? Ministère Amer disait, dans les années 90, « le savoir est une arme, maintenant je sais ». Au même moment, IAM/Akhenaton parlait du hold up mental :
Le hold-up mental, pour avancer et ne pas régresser
La révolution armée est dépassée
Mais avec de l’intelligence le but est de s’infiltrer
Ensuite observer pour s’intégrer et dominer. »

DZZING : La musique n’étant jamais très loin de ta culture urbaine et ton univers visuel, lequel de ces hymnes de révolte t’inspire, te touche : « London Calling » des Clash, « Bloody Sunday » de U2, « Rebel Music » de Marley ou « Riot » de Basement 5 ?

TABAS : Bizarrement, ces vieux morceaux n’ont pas vraiment pris de rides. « London Calling » n’a tristement jamais été autant d’actualité. A Londres, le fantôme des émeutes raciales des années 80 fait écho à celles du mois d’août dernier. Mais à la différence que les émeutiers n’utilisent plus de mégaphones mais des iPhone ou des Blackberry. Cette fois, ils ne sont plus forcément pauvres, ni forcément noirs, mais parfois très jeunes et issus pour certains de la bourgeoisie, sans aucune revendication construite. Si la crise économique et les coupes budgétaires forment le terreau de ces émeutes, on ne parle pourtant plus de la même manière de ghetto. De manière récurrente, on entend parler de la théorie du chaos.


TABAS (à droite) et Gregory DECOK  © Eric Foucher, « Sète, trop d’hommage » mai 2011

~ par Val Marquet a.k.a Alcaline sur 10 octobre 2011.

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