(ne pas) Oublier Palerme

•29 août 2011 • Laisser un commentaire

Quitter la torpeur de l’été sans laisser s’évaporer la mémoire d’une escapade encore plus au sud. Se permettre de dénaturer le titre d’un Goncourt lisible et délectable (Oublier Palerme – Edmonde Charles Roux – 1966) pour se rappeler l’essence de PALERME. Drôle de ville, pas vraiment italienne sauf peut-être napolitaine, un peu marseillaise, îlienne pour de vrai,  rétive et offerte à la fois, renaissante tout doucement, à peine entraperçue mais pleinement approchée. Cinq jours à Palerme et ce qu’il en reste. Et pour une fois chez Dzzing, sans bavardage. Buono viaggio.

 

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De la Riviera, en long, en large et à travers

•28 juillet 2011 • Laisser un commentaire

Il y a des mots comme ça, puissamment évocateurs, inusables, modernes depuis des lustres. Ils s’exportent, deviennent des noms propres, des signatures, des marques même. La RIVIERA est de ceux-là et comme elle est de saison, on se penche à son balcon, vue sur mer forcément. Un petit coup d’Encyclopédzzing ?

LA PETITE HISTOIRE

Même si elle appelle au coup de soleil, la Riviera peut exprimer la lumière voilée des côtes brittonnes, dignement célébrée par Joseph Mount sur le dernier album de Metronomy. Mais l’ENGLISH RIVIERA est née bien après la FRENCH RIVIERA : la Côte d’Azur rebaptisée par nos amis anglais, entre deux virées sur leur promenade niçoise, fin 19ème. De nos jours, on salue le MiDi Festival pour son sous-titre inspiré. Et pour remonter aux origines, on bascule au 16ème siècle et on passe la frontière italienne : la vraie Riviera est ritale, génoise même, barbotant dans le Golfe Paradiso.

RETRO-MODERNE

Tout ça ne date donc pas d’hier et comme le vintage ne cesse d’être actuel, la planète fashion n’a pas manqué de mettre les pieds dans la Riviera en « inventant » les Rivieras. Pour ceux nés après 1990, on se permet de préciser que ces espadrilles chics campaient en en version originale sur la Costa Blanca espagnole dans les fifties. Une pensée pour les trendsetters un peu aventureux qui les trouvaient déjà, avant le revival de cet été, chez le papy chausseur de leur quartier.

EARLY YEARS

Comme papy justement (ou papa, pour les plus anciens d’entre nous) était un jeune dans le vent, il ne nous a pas attendus pour décliner la Riviera. De son temps, il écoutait du bebop et du boogaloo dessus (radio Blaupunkt Riviera 1958) et filait avaler la corniche à son volant (Buick Riviera, féroce coupé de 1963).


Il se réjouissait du progrès en découvrant que son rhodendron s’abreuvait tout seul dans – je vous le donne en mille – un  bac Riviera, inventé en 1957 par un dentiste toulonnais à la retraite ! Du coup, il fêtait ça en shakant un cocktail Riviera : 3 cl liqueur d’orange, 3 cl de gin, 1 zeste de mandarine. Et si jamais papy s’appelait Eddie Barclay, il créait en 1967 le label Riviera sur lequel Marcel Zanini ne s’arrêtait plus de demander « Tu veux ou tu veux pas ? ».

REFERENCE

Pour parcourir définitivement le versant doré de cette Riviera, on recommande l’ouvrage « Riviera Cocktail » d’Edward Quinn, photographe irlandais devenu niçois dans les années 50, celles du glamour insouciant, du festival de Cannes à l’époque du Palais Croisette, de Brando et Baselitz, Picasso et Onassis.

Audrey Hepburn & Mel Ferrer 1956 © Edward Quinn

Un livre, un film ? « Riviera Cocktail » coproduit par ARTE France :

Diane 6×6

•19 juillet 2011 • Un commentaire

 » Je crois vraiment qu’il y a des choses que personne ne verrait si je ne les photographiais pas. »

Diane ARBUS (mars 1923- juillet 1971)

 » Je vous ai vus et, peut-être, donnés à voir. Passants, passeurs, passés sous silence, excentriques, excentrés, extrêmes peut-être, exceptionnels, rebuts, refus, rébus, différents, défiant l’usage, déviants surement et tous mes voisins, d’existence, déniés. Puis, je vous ai rejoint. Vous me manquiez. »

Diane ARBUS, citation imaginaire (juillet 2011)

Jumelles identiques, Roselle, N.J. 1967 © The Estate of Diane Arbus

Quarante ans après sa disparition choisie, Diane ARBUS vient habiter Paris et hanter nos âmes en grand. Elle et tous ceux que personne ne regardait, ou préférait occulter.

Du 18 octobre 2011 au 5 février 2012, la Galerie du Jeu de Paume consacre à la chasseresse au Rolleiflex sa première rétrospective en France. Plus de 200 images, dont une grande partie jamais exposée. On en connaît beaucoup, parfois même sans le savoir car la génération née avec la mort de Diane ARBUS peut confondre son travail avec celui de Nan GOLDIN. L’aînée ne s’en offusquerait sans doute pas, car si les techniques et les vécus diffèrent, le regard posé sur l’autre est presque gémellaire. Les hasards existant peu, Nan commençait à photographier à l’heure où Diane fermait les yeux. Comme on passe la main.

Jeune homme en bigoudis chez lui, 20è rue, N.Y.C 1966 © The Estate of Diane Arbus

Avant l’exposition, on recommande un film, hommage de fiction, portrait imaginaire de la photographe, chronique possible d’une révélation : Fur de Steven SHAINBERG réalisé en 2005 avec Nicole KIDMAN, comme rarement juste, et Robert DOWNEY Jr. en dandy freak vénéneux.

Paysagiste sonore

•15 juin 2011 • Un commentaire

Parmi les producteurs sudistes qui dotent notre littoral sonore de reliefs rock, électronique et pop de haut niveau (Nasser, FK Club, Kid Francescoli, Dondolo, Young Michelin, Oh Tiger Mountain et j’en oublie), on s’arrête un instant sur MARKOVO. L’homme, Bernard Audibert Mercurin, qui se mue en trio en version live, vient de sortir « Uncle U Supa Trick », single signé sur le label Division Aléatoire. La première escale d’un album voyageur, avec son bagage krautrock, sa new wave en bandoulière et les pieds sur le dance floor, à paraître en septembre : « Hot Saudade Club ». Une mélancolie hautement dansante à parcourir en concert ce vendredi 17 juin dès 20h30 au Café Julien avec ALCALINE en ouverture et sortie de route.

UNCLE U SUPA TRICK (original instrumental) – MARKOVO (juin 2011)

Entre temps, DZZING s’est penché sur le paysage musical de MARKOVO. Interview géographique donc.

DZZING : On trouve trois villes dénommées Markovo en Bulgarie, une en Russie, une en Croatie. Sur le disque précédent figuraient Baïkonour et Moscou parmi les escales proposées. Le visuel du nouvel album joue avec les codes slaves… Bref, des origines réelles ou un lien particulier avec cette région du monde ?

MARKOVO : J’ai effectivement vu plusieurs lieux nommés Markovo, mais c’est le russe qui est à l’origine du nom. Je n’ai pas d’origines slaves mais ai toujours été fasciné par l’immensité russe et ses horizons sans fin. Une terre bien particulière, qui t’absorbe. C’est comme ça que je la ressens, même si j’avoue ne m’y être jamais rendu. J’ai ensuite pas mal lu de poètes russes comme Maiakovski ou Pasternak. On retrouve naturellement dans l’âme slave ce mélange de dureté et de mélancolie.

D : Pendant que nous sommes à l’est, donc pas très loin des Carpates et au regard de tes compositions très cinématiques, quelle B.O. de film de vampires serais-tu prêt à remixer/réinterpréter (à la manière de Zombie Zombie avec les B.O de John Carpenter) ?
-Dracula de Francis F. Coppola – musique de Wojciech Kilar 
-Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner Herzog – musique de Popol Vuh
-Entretien avec un vampire de Anne Rice – musique d’Elliot Goldenthal

M : Je dirais le Coppola et le Herzog, bien que j’aime beaucoup Entretien avec un vampire, mais les deux premiers correspondent sans doute plus à mon « esthétique musicale », ceux en tous cas dans lesquels je retrouve un univers visuel plus apte à coller avec mon univers sonore.

 Photographie © Pirlouiiiit Concertandco.com

D : « Heligoland » étant une terre sacrée et le nom de ton premier album, es-tu déçu que Massive Attack te l’ai piqué deux ans après, ou considères-tu que, comme ce drôle d’archipel, un titre peut changer de propriétaire ?

M : Je ne sais pas s’ils me l’ont piqué mais lorsque je les ai entendu parler de leur concept, j’avais envie de paraphraser IAM :  » Quand tu y allais, on en revenait, fils! ». Ca m’a laminé sur Google : avant, tu tapais Héligoland et Markovo apparaissait quasiment de suite… là je te laisse constater. Du coup, ça ne m’a pas aidé. J’aurais du déposer le nom! Mais je crois que ça ne se fait pas pour un titre d’album. J’avais envoyé un message à Massive via myspace pour leur dire que s’ils faisaient un Héligoland Tour, il fallait que je sois de la partie. C’est bizarre, ils ne m’ont jamais répondu…

D : Même si ta vision de la « Saudade » est moins triste qu’un fado portugais, il plane une certaine mélancolie dans les nappes mélodiques de l’album, même planquée sous les rythmiques. Qu’est-ce que tu as perdu et espères retrouver ? C’est quoi ce « vide habité », ta saudade à toi ?

M : Ce vide habité, c’est un peu ce que symbolise la Russie, pour faire le lien avec ta première question. La mélancolie, je la vois un peu comme une « tristesse sucrée », des yeux qui se perdent dans le vague, le bord de mer sous d’épais nuages. La mélancolie, ça doit rester insaisissable, c’est quelque chose dont les contours sont flous, une suspension, une façon de poser un regard sur certaines choses. Pour paraphraser Hugo Pratt, je dirais qu’elle est « mauditement jolie ».

D : Quitte à rester sur le terrain sombre du dance-floor, peux-tu me dire quel(s) morceau(x) aux accents dark/cold/sad parmi tes influences et aînés, continue(nt) à te faire danser ?

M : Houla! D’abord, je n’ai jamais été un danseur fou! La première musique que j’ai vraiment « creusée », c’est l’indus (type Einstürzende Neubauten), la cold wave, puis Slint et tout le post-rock. Pas super dansant tout ça. Mais ce qui faisait bouger ma tête, c’est « Heart and Soul » ou « Isolation » de Joy Division, quelques morceaux de New Order et le « Body electric » des Sisters of Mercy.

D : Que ce soit le track « Hot Saudade Club » ou le « Butterfly » en deux parties, on ressent l’influence de Can, Neu ! ou Faust côté durée des morceaux. D’après toi, d’où viens cette tendance du post-rock et krautrock allemand à tripper en longueur, contrairement au rock garage 60’s US ou GB qui court sur 2’30 ? Drogues différentes ? Influence du climat ?…

M : Difficile question… La drogue, je ne sais pas, elle est censée révéler ce qui sommeille en toi. La terre joue, bien sûr, mais le climat est aussi dégueu en Angleterre ! Et je crois qu’il y a aussi quelques groupes anglais comme les Pink Floyd qui savaient faire durer leurs morceaux. J’aime bien l’idée de faire naître une ambiance, de lui permettre de se développer jusqu’à une sorte de climax. Amener l’auditeur à se perdre et le surprendre quand il est un peu « perdu » ou quand il a lâché prise… Comme un parcours.

 Photographie © Pirlouiiiit Concertandco.com

D : Chez Markovo, très peu de voix si ce n’est le featuring d’Andrea sur une version du single « Uncle U Supa Trick » : un choix du tout instrumental ou penses-tu que le format de tes musiques ne se prête pas au chant ? Que les mélodies se suffisent à elles-mêmes ?

M : Au départ c’est un choix délibéré, puisque mis à part les groupes de cold wave comme Joy Division, Bauhaus, ou The Cure, ma culture musicale est essentiellement instrumentale. Je suis aussi très exigeant sur les textes, surtout en français. Le chant en anglais me dérange moins car n’etant pas bilingue, je le perçois comme un instrument supplémentaire, un lead. Je pense aussi qu’il faut avoir des choses à dire autres que « yeah », « move », ou « dance all night ».
Après tout évolue, d’où l’expérience un peu bizarre pour moi sur le single : un morceau de 3’10 avec une voix ! Mais le résultat est convaincant et l’idée d’un live un peu plus « chanté » suit son chemin. Pas certain que tous les morceaux s’y prêteraient. En fait, j’aime bien planter le décor et laisser l’auditeur l’habiter comme il le souhaite alors que le texte t’oriente toujours un peu… Je suis un paysagiste sonore en fait !

D : On a évoqué un possible featuring de Nicolas Ker lors de la résidence de Poni Hoax au Cabaret Aléatoire (pas étonnant vu vous amours communes pour la scène new wave et post punk) : ça va se faire ?

M : Oui, Nicolas, c’est une chouette rencontre ! Je l’avais déjà croisé au Poste à Galène avec son side project « Paris » et après le concert Markovo avec les Poni Hoax au Cabaret, l’idée lancée quelques mois plutôt s’est concrétisée. C’est donc en cours…….

D : Même quand tu ne donnes pas des noms de ville à tes tracks, chaque titre évoque vraiment un voyage, une étape. Je pense à « The Waver » par exemple.  Si c’était :
– Un moyen de transport ? N’importe lequel, du moment où tu peux te laisser aller à regarder le paysage défiler. Je me range du côté des « voyageurs immobiles » chers à Baudelaire…
– Un paysage ? Une corniche en bord de mer, comme la corniche Kennedy, un soir d’été.
– Une gare ? Celle que tu quittes en mettant les pieds dans le train quand les portes se referment derrière toi.
– Une route ? Une autoroute de nuit.

THE WAVER  – MARKOVO rmx MATZAK (sept. 2011)

Photographie © Pirlouiiiit Concertandco.com

D : Toujours sur ce fameux « Waver » : j’aime beaucoup le remix de Matzak, plus minimal, mais bien habité aussi. J’ai lu que l’artiste vivait à Clermont Ferrand. Sans indiscrétion, la connexion avec Marseille s’est faite comment ? Et la collaboration ?

M : Matzak s’est vraiment réapproprié le morceau. La connexion s’est faite par le Cabaret Aléatoire et son programmateur Pierre-Alain Etchegaray qui connaissait Matzak et a lancé l’idée. Après, je crois qu’il a réellement aimé mon son. Il était donc très motivé et ça a été, là aussi, une belle rencontre. Je ne désespère pas de jouer un set avec lui un de ces jours.

D : Pour finir, parlons de La nuit qui ne s’arrête jamais (« Night never ends ») : subjectivement, c’est le titre que j’écouterais en boucle jusqu’au petit matin; comme quoi il fonctionne ! Pour toi : réminiscence d’after party techno ou pas du tout ? Peux-tu me raconter la genèse du morceau ?

M : Oui, c’est un titre que j’aime beaucoup aussi, donc merci M! Mais alors, pas du tout réminiscence. C’est d’abord une sorte de clin d’oeil à The Cure (« All cats are grey » ? NDLR). C’est aussi le souvenir de longues nuits où le temps se suspend, parce qu’on ne lutte plus contre et qu’on aimerait que ça ne s’arrête jamais. L’impression d’être un témoin privilégié de choses subtiles que ne voient pas ceux qui ont rendu leurs armes à Morphée. Ce morceau est né comme les autres: un petit chemin qui part un peu plus profond dans les bois et que l’on a envie de suivre. C’est toujours après coup que je donne un titre aux morceaux. Et de là, il prend sa place dans le parcours que représente toujours pour moi un album.

THE NIGHT NEVER ENDS – MARKOVO (sept. 2011)

DZZING remercie PIRLOUIIIIT pour la liberté de publier ses belles images de MARKOVO

Hyperactive

•1 juin 2011 • Laisser un commentaire

En écoutant le nouvel album d’Arnaud Rebotini dont l’approche des claviers mérite encore – après le martial et nécessaire « Music Components »- chapeau bas, on se prend étrangement à penser à d’autres maniaques des keyboards. Et pas forcément des plus jeunes ni de la même lignée musicale. Alors, on pioche parmi quelques disques fétiches, toujours à portée de main. Et l’envie de parler de Thomas Dolby apparait comme une évidence. Thomas qui ?


Pour vous la faire à la Gonzo style (ce qui n’est pas coutume chez Dzzing, mais pourquoi pas), l’histoire commence avec un album maudit : THE FLAT EARTH, perdu ou volé par trois fois, entre 1984 (date de sortie) et 1994 (date de retrouvailles avec le vinyle).

A l’époque, on possède l’album en K7 et on auto-reverse en boucle « I Scare myself », un track de filles et d’été sur lequel on revient à jamais, même si on reconnaît que le titre « Hyperactive » pète bien aussi, pour ceux qui n’ont pas d’allergie aux slaps de basse jazz funk…

Une fois qu’on a mordu au son du garçon, on achète son disque suivant les yeux fermés (enfin pas vraiment fermés, vu le bel artwork fait maison sous le nom Lost Toy People ) : ALIENS ATE MY BUICK paru en 1988. La part soul funk du clavieriste transpire vraiment ici, dépassant les heures new wave. A retenir ? Sa cover synthétique mais pas moins moite, du « Hot Sauce » de Georges Clinton avec qui il échange par ailleurs pas mal de Ooh yeah (production, featuring, etc).

Pendant ce temps, on constate que cet hyperactif n’a pas peur de rester anonyme. En lisant le verso des sleeves de nos vieux albums de Prefab Sprout, on découvre le Thomas Dolby producteur : non seulement sur le légendaire STEVE MC QUEEN de 1985 mais aussi FROM LANGLEY PARK TO MEMPHIS en 1988. A se repasser, pour un« King of rock’n’roll » fantasmé synthé-pop:

Du coup, on se balade dans le rétroviseur et on s’aperçoit qu’il a même bossé avec Lene Lovitch dès 1981 :

Et même si on oublie peu à peu Thomas Dolby et ses errances trop éloignées de nos cercles sensitifs, il ressurgit en 2003 en invitant quelques bons producteurs de musiques électroniques à revisiter un de ses tous premiers titres : « One of our submarines » dont la version d’Akufen ici présente n’a rien à envier à celle de Ricardo Villalobos.

Pour finir (parce qu’on est déjà trop volubile), on laissera libre à qui veut, d’aller fouiner, aimer, détester ce que fait notre homme aujourd’hui. On se quittera juste sur un live récent : une version moderne, forcément sur le fil, de « The Flat earth ».