Inaperçu remarquable

•14 mai 2011 • Un commentaire

Parce que les prix littéraires ne fleurissent pas qu’à l’automne. Parce que parfois, les récompenses dépassent les petits arrangements et les cercles établis. Parce qu’il existe des comités de sélection avec de la curiosité dedans. Parce qu’il y des jurys qui lisent (vraiment) les livres…

Il y a tant de raisons de distinguer Le Prix de L’Inaperçu que Dzzing est allé embêter les fondateurs de cette chouette distinction alternative. Entretien avec l’un de ses fondateurs, David VAUCLAIR, réalisé quelques heures précédant la 4ème remise du prix, jeudi 12 mai 2011.  


Le choix de John KENNEDY TOOLE, à travers le nom de son personnage de « La Conjuration des Imbéciles » pour le Prix de l’Inaperçu (Ignatus J. Reilly), s’est-il imposé d’évidence ou avez-vous hésité avec d’autres possibles ?

David VAUCLAIR : Il s’est imposé d’évidence. Conjurant régulièrement avec de nombreux imbéciles, le lien était facile.

Pensez-vous que vos « amis » de la communauté Facebook prennent ce bonhomme pour votre grand-père ou êtes-vous optimistes quant au niveau moyen des Français en culture générale ?

DV : Tous nos « amis » sont des êtres d’élite, courtois, érudits, aux manières exquises pour qui les valeurs familiales comptent. Nous sommes donc optimistes.

On a repéré que votre complice au sein du Comité, Stéphane ROSE, fait également partie du trio des « Gérard ». Comment expliquez-vous l’envie d’instaurer un prix alternatif très sérieux cette fois, pour inciter à découvrir les bons bouquins au lieu de distinguer le pire  ? Est-ce que ça signifie que vous ne plaisantez pas avec la littérature ?

DV : Il y a un décalage suffisant entre notre prix et les autres, du moins nous l’espérons, pour que notre besoin d’originalité soit rassasié. Et sourire n’empêche pas d’être sérieux. Et pour la littérature, la dernière fois que nous avons passé un moment en sa compagnie, nous avons bien ri.

Les lauréats repartent avec 1000 euros : ce n’est pas, j’imagine, ce qui les motive en priorité. Est-ce que les libraires vous suivent ensuite ? La presse ? En résumé, est-ce que les auteurs voient leurs ventes boostées par le prix ?

DV : Je ne pense pas que l’argent motive les auteurs en premier lieu, cela se saurait. Les libraires et la presse nous suivent chaque année un peu plus, ce qui est réjouissant, mais ce serait bien qu’ils nous suivent encore plus. A chacun de faire de son mieux,; j’espère qu’après cet entretien, vous irez parler à votre libraire et contacterez vos amis journalistes. Les étrangers, à notre connaissance, ont tendance à doubler ou tripler leur vente. C’est moins net pour les francophones, mais en règle générale, ils obtiennent plus facilement un à-valoir pour leur prochaine oeuvre, et une présence plus importante dans les médias.

Votre alternative au bandeau rouge (ou bleu marine) ?

DV : Une petite robe noire.

Personnellement, j’aime bien votre nom de Prix mais pensez-vous que la majeure partie des gens sont fiers d’acheter un bouquin passé « inaperçu » ? (je pense à ceux qui lisent ou offrent deux livres par an : le Goncourt ou Renaudot et un Guillaume Musso). A moins que ce positionnement élitiste -dans le bon sens du terme attention- soit délibéré ?

DV : Nos études marketing auprès d’un panel représentatif de ménagères de moins de cinquante ans, d’un libraire enthousiaste et de deux journalistes blasés, nous a permis de définir scientifiquement les réponses du lectorat du prix. Celui-ci est heureux qu’on lui propose de la nouveauté, de l’originalité, de l’inaperçu et ne perçoit pas cet adjectif comme une agression, une insulte ou un constat d’échec. Même si nous ne faisons pas l’unanimité, les retours depuis quatre ans sont positifs et l’intitulé du prix, dans l’ensemble, séduit.

Combien de livres a dévoré votre comité pour pouvoir choisir les 5 romans français et 5 étrangers ? Cette sélection finale se fait-elle dans la douleur ? la bagarre ? la débauche ? la joie et la bonne humeur ? le chantage ? la corruption ?… (liste non exhaustive)

DV : Cela dépend des années, mais entre 100 et 200. Il y a toujours un moment où le choix s’impose. Comme chaque année, la sélection d’un prix comme celui de l’Inaperçu est une sorte de crève-cœur tant certains choix se révèlent difficiles entre plusieurs ouvrages aux qualités réelles et qui se tiennent dans un mouchoir de poche dans le cœur de notre Comité. En général, c’est au moment où Benjamin FAU pose son Smith & Wesson Magnum 44 sur la table, où moi-même menace de tirer les nominations à pile ou face et où Nils AHL propose un grand tournoi de chi-fu-mi pour clore les débats, qu’on se rend compte qu’on est allé un peu trop loin dans l’implication personnelle et qu’on s’oblige aux concessions. Un certain nombre de romans restent donc, au désespoir de l’un ou de l’autre, ex-aequo sur la sixième marche du podium, mais ne dépareraient pas beaucoup dans une sélection idéale élargie.

Bravo pour la diversité des maisons d’édition dans vos 4 sélections depuis 2008 mais pas  trace de La Musardine, avec qui votre comparse et auteur Stéphane ROSE est personnellement lié : excès d’intégrité ? aucun ouvrage digne d’entrer dans la course ? interdiction au « cul » -même bien écrit- de concourir ?

DV : Nous sommes un prix de tous les excès. Et La Musardine envoie selon les années des livres au comité de sélection qui, pour le moment, ne les a pas retenus pour le round final. De l’inconvénient à travailler avec des pudibonds victoriens et centristes.

Pensez-vous que les auteurs que vous distinguez pâtissent du trop grand nombre de sorties au même moment (rentrée littéraire) ? Ou est-ce que tout simplement, il y a trop de romans en général et pas assez de lecteurs ?

DV : Une triple constatation s’impose : (1) les prix font parler de livres dont on parle déjà ; (2) les prix font vendre des livres qui se vendaient sans eux ; (3)les prix récompensent un nombre non négligeable d’ouvrages qui n’auront d’autre postérité que celle de figurer dans des listes à la fin des dictionnaires ou des anthologies (et encore, pas dans toutes). À la lumière de ce constat, il paraissait logique de créer un prix presque iconoclaste pour récompenser des livres : (1) dont on a (presque) oublié de parler ; (2) qui n’ont pas rencontré leur public ; et (3) qui ne dépareraient pas la bibliothèque de l’honnête homme, et pas seulement pour caler un pied ou par amour des bandeaux rouges. Quatre ans après la création du prix, nous ne toucherions même pas à une virgule du manifeste. Et, oui, le nombre de sorties est exponentiel et les libraires ne sont pas extensibles.  


Pourquoi le Café de l’Industrie pour la remise du prix ? La bière est moins chère qu’au Flore ?

DV : Parce que les prix littéraires ne sont pas que germanopratins et que nous sommes favorables à donner une chance à la faune bibliophile française à deux pas de la Bastille. Si cela n’était pas logistiquement très compliqué, nous étions même tentés de faire une cérémonie de remise tournante, une année à Paris, une à Bordeaux, Lyon, Marseille, Genève, Bruxelles, Montréal, Ouagadougou, Dakar, Saint Pierre et Miquelon … toute la francophonie. Si un milliardaire nous écoute et veut bien s’atteler à ce projet … écrivez à ce blog, qui fera suivre.

Vos ambitions, vos envies, vos rêves, même les plus fous, pour l’avenir de l’lnaperçu ?

DV : La gloire, l’argent, les femmes pour les membres masculins du prix, la paix dans le monde, une plus grande solidarité partagée par tous et pour tous pour les membres féminins, le comité d’organisation étant très sexué. Plus sérieusement, nous espérons que l’Inaperçu prendra toujours plus d’ampleur et proposera une alternative valable aux autres prix littéraires, une plateforme pour ceux qui, structurellement, n’auront pu être aperçus. Et que plus de lecteurs fassent vivre plus d’auteurs et que ceux-ci en échange aient une chance supplémentaire que leur oeuvre parvienne au public.

Allez, une classique: les trois bouquins que vous emmèneriez sur une île déserte ?

DV : Les deux lauréats de cette année et un manuel, »Comment construire seul son bateau, à partir de rien, et rejoindre le continent sans heurts ni tempêtes », ouvrage lui aussi passé bien trop inaperçu auprès des Robinson les plus divers.

Et pour finir, parce qu’il n’y a pas que les livres dans la vie : si vous deviez assortir un disque à votre sélection 2011 ?

DV :  L’album de la sélectionnée Claudine LEBEGUE qui accompagne son livre, « A Ma zone»,  sinon « Midnight in Paris » de Duke ELLINGTON : un de ses albums les plus inaperçus, qui fait aujourd’hui, grâce à Woody Allen, l’ouverture du festival de Cannes. Espérons le même destin à nos sélectionnés et nos lauréats.

⁄ ⁄ ⁄

Dzzing se joint à ces grandes espérances, vous enjoint à dévorer la sélection 2011 accompagnée de la bande-son conseillée et à rire un peu avec la « fake » sélection d’un comité dont le sérieux n’interdit pas l’humour.

Midnight in Paris – WINTON MARSALIS SEPTET (live at Village Vanguard 1999)

 


Deux fois si, senior

•3 mai 2011 • Un commentaire

Le troisième âge est-il soluble dans la musique ? Le génie contient-il un anti-oxydant ? A l’écoute des productions actuelles d’une scène sexagénaire -et plus- toujours verte, on a tendance à opiner. Oui, la carte vermeil se mue parfois en gold pass, surtout lorsque ces briscards entraînent des plus jeunes avec eux. On s’userait moins vite à deux ? En tous cas, aucun signe de décalcification sonore chez nos quatre fêlés préférés : Brian Eno, Bernard Fèvre, Gil Scott Heron, Alan Vega.

Passer sans complexe des talonnettes glam’ à la scène no wave, produire le « Remain in Light » des Talking Hedas et de la « Music for Airports » (variante des ascenseurs), révéler la face berlinoise de Bowie et composer le jingle de Windows 95 : vous trouvez ça absurde la vie de Brian ? Il déroute, fascine ou énerve, mais méritait bien de refaire surface et pas n’importe où : à 63 ans, BRIAN ENO s’invite chez WARP pour un album en collaboration avec un poète.

Glitch – BRIAN ENO & RICK HOLLAND / extrait de « Drums Between the bells » à paraître en juin :

 

Merci Bernard ! Bon, d’accord, le clin d’oeil télévisuel Desprogesque est facile, mais irrésistible et surtout, justifié : combien de wagons d’artistes pourraient remercier la sortie en 78  du « Black Devil » de Bernard Fèvre, chef de file obscur et culte d’une scène électro-dark-disco ? Reprenant ses lauriers et ses claviers, sous l’alias Black Devil Disco Club, papy met les morveux à l’heure : pour ses 64 ans, BERNARD FEVRE revient dans l’arène avec dix numéros en tandem. Du synthétique acrobatique avec quelques « jeunes » bien barrés.

My Screen – BLACK DEVIL DISCO CLUB feat. NICOLAS KER / extrait de « Circus » sorti en avril dernier :

Ceux qui étaient au New Morning un certain soir circa 91-92 ont connu une érection du système pileux. Première raison : l’organe vibrant d’une soul sombre, brute, majeure. La seconde ? Notre crainte de voir ce géant fébrile flottant dans un vieux Fruit of The Loom, s’évaporer très vite. Ouf. Malgré les fractures de la came et les geôles qui vont avec, GIL SCOTT HERON s’est relevé à 62 ans, fièrement même. Et comme tout ressuscité, il produit des miracles, grâce, aussi, au talent d’un gamin qui naissait il y a vingt ans environ. Ce fameux jour où l’on a eu si peur ?

Running – GIL SCOTT HERON & JAMIE XX / extrait de « We’re New here » sorti en mars dernier

Le plus vieux de la bande (72 ans sous le cuir) n’est pas le plus rangé. Même si cet envers du king a connu la lumière des charts eighties avec l’hymne rockab’ dark et décalé « Jukeboxbabe », il est retourné haleter en souterrain entre deux performances d’art. 40 ans après le premier opus de SUICIDE, même sans MARTIN REV triturant les machines, ALAN VEGA signe au Son du Maquis un album à la fureur intacte, revigorée sans doute par un nouvel alter ego, le leader d’Etant Donnés et ancienne moitié de DAF. Brrr….

It – ALAN VEGA & MARC HURTADO / extrait de « Sniper » sorti en septembre 2010

Lumet vs Lynch

•19 avril 2011 • Laisser un commentaire

Si on se souviendra plus facilement de Sidney Lumet comme d’un réalisateur de polars léchés et bien imprégnés du contexte social de leur époque (c’est déjà pas mal), il serait dommage d’oublier que son cinéma s’est aussi inspiré du théâtre, sans doute de par une jeunesse aguerrie aux planches.

Du coup, en revoyant « L’Homme à la peau de serpent » (son quatrième film) d’après un scénario du torturé Tennesse Williams, la modernité du propos et, surtout, de la mise en scène, redonne au récent disparu une place de cinéaste majeur. D’avant-garde même, puisque nous somme en 1959 alors que, forcément, on pense immédiatement au film (peut-être le plus « facile ») de David Lynch réalisé 30 ans après : « Wild at heart » mal traduit par « Sailor et Lula ».

Le clin d’oeil le plus évident, que bien des cinéphiles avaient déjà noté, est la fameuse veste en peau de reptile que partagent Sailor Ripley –Nicolas Cage– et Val Xavier –Marlon Brando– mais le parallèle va plus loin. L’univers lynchien (onirique, borderline, absurde, surréaliste, codé) se trouve concentré en une scène du film de Lumet. Anna Magnani porte en elle les stigmates de nombreux personnages féminins qui jalonneront la filmographie de Lynch : l’urgence manipulatrice, la possession et la maternité frustrée. Le héros (?) masculin est, là aussi, déjà une victime malgré son apparence de mâle dominant, rattrapé par son passé, dans une Nouvelle Orléans à la moiteur qui colle aux fesses.

On parie que David a visionné en boucle cet extrait. Qu’est-ce qu’on dit ? Merci Sidney.

Le point G

•31 mars 2011 • Laisser un commentaire

C’est un 31 mars, il y a sept ans à Rome, que s’efface une initiale capitale de l’illustration, de celles qui impriment à une époque (50’s – 80’s), une maison (Dior), une marque (Rouge Baiser) mais aussi le cinéma, le spectacle, la pub, une ligne immédiatement identifiable, même si d’aucuns ne connaissent son auteur.


René Gruau a été si prolifique qu’il faudrait un livre pour en parler. C’est déjà (bien) fait dans l’ouvrage éponyme de Sylvie Nyssen et Réjane Bargiel édité en 1999 au Cherche-Midi. Pour un hommage subjectif, on focalisera sur un pan de son oeuvre consacré au client et ami fidèle Christian Dior : remontons à la source d’Eau Sauvage.

Pour les jeunes mémoires qui ont en tête la campagne actuelle avec Delon époque « La Piscine », on précisera que la photo de Jean-Marie Périer date de 1966 et boucle l’histoire puisque c’est l’année de création du parfum. Si on déroule fil à reculons, on se souvient que la Maison Dior  avait déjà pas mal exploité la formule photo noir et blanc + star à yeux clairs et gros cachet : Zidane et Johnny jouant les mystérieux planqués derrière leur col roulé. Pour entrevoir un récent retour à l’illustration, on remonte dans les années 90 pour un détournement de XIII et de Corto Maltese dans la position de l’aventurier ténébreux. Mais là aussi, la maison de couture fait appel à des célébrités pour nous asperger de sent-bon. Sans doute à cause du tournant marketing du milieu des années 80 ? Pour que les campagnes racontent autre chose, laissent filtrer un air de liberté et osent sortir du cadre, il faut se concentrer entre 66 et 82 sur les affiches dessinées par Monsieur Gruau.

Quand il intègre la maison Dior en 1947, l’Italien aristocrate, dessinateur autodidacte, n’a pas encore roulé sa bille pour le Lido, Bunuel, Fellini, mais c’est ici que sa passion pour les estampes japonaises, les aplats de couleurs pures, la diagonale, les cadrages audacieux et les jeux de masques vont se révéler. L’homme de l’Eau Sauvage n’a nul besoin de saillir ses muscles ou d’être un modèle renommé pour véhiculer une image forte. Le côté « wild » du parfum réside bien plus dans le fait de suggérer, de dévoiler des gambettes mâles somme toute très fines ou à la pilosité assumée : un homme au bain tranquille, serein dans sa nudité, qui n’a rien à prouver.  Noir, Blanc, Rouge : les trois couleurs « primitives » chères à l’illustrateur claquent et suffisent à faire passer le message.

Et quand le point de vue est plus direct, que René Gruau semble oublier les caches ou la profondeur de champ avec un portrait plein fer, il ne cède pas non plus au banal : le garçon nous fait face mais ce n’est pas lui qui regarde. Les yeux gommés derrière une masse capillaire, il nous renvoie à notre position de voyeur. De la publicité effrontée. Sauvage pour de vrai.

 


Heart and soul

•21 mars 2011 • Laisser un commentaire

Peter Hook & friends play Unknown Pleasures, 10 mars 2011, Paris. C’est typiquement le genre d’annonce qui ravive illico notre ferveur adolescente pour Factory Records et l’iconique Joy Division. Puis, passé  le quart d’heure d’emballement, la peur de la déception nous guette :  et si ça sentait le sapin ? et si ça ressemblait à une réunion de quadra au cuir fatigué,  et si, et si ? Non, l’engouement optimiste reprend le pas sur nos doutes timorés.

Photo © David Sultan

Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Concert à guichet fermé oblige, le marché noir fait flamber l’entrée. On se dit veinard de se retrouver au coude à col (de perfecto) parmi 700 fans dans un Trabendo dont les fresques signées Futura 2000 font oublier les notes bleues de l’ancien Hot Brass : depuis dix ans et surtout ce soir, l’affiche est électrique.

Photo © David Sultan

Rejouer Unknown Pleasures avec quelques copains musiciens (dont le fils de Peter Hook qui prend la basse de papa au même âge que ce dernier à la sortie de l’album), c’est une idée qui peut sembler scandaleuse à certains puristes étroits du cervelet, à lire certains posts sur le net ; pour nous, c’est une envie légitime et naturelle du complice de Ian Curtis, à ses côtés depuis la période Warsaw jusqu’à la fin de Joy Division, avant de continuer en fondant New Order. On est même tout sourire que ce concert-hommage donné à Manchester en mai 2010 se soit transformé en tournée.

Photo © David Sultan

Alors même si le pogo est moins évident avec des talons, une coupe de champagne et  quarante berges dans les tibias, la sensation est mieux qu’intacte : différents, puissants, séminaux, ces plaisirs inconnus le deviennent presque et Hooky d’éviter les écueils tant redoutés. Aucune ombre morbide ne plane dans la salle; le jeu se veut respectueux tout en révélant la personnalité de ces Peter’s friends. On dépasse vite la phase de comparaison (impossible de ne pas se remémorer la batterie martiale de Stephen Morris et le chant épileptique de Ian Curtis) pour laisser une sève nouvelle gagner du terrain et nourrir un live bien vivant. She’s lost control ? Oh oui bien sur. Et pas que. Quand Peter Hook, la basse toujours sur les genoux, les traits juste plus épais et l’organe à la générosité rocailleuse, entonne l’hymne Love will tear us apart, il invite presque Tom Waits sur la scène de l’Hacienda. Transmission réussie.

Photo © David Sultan

Une interview de Peter Hook & friends réalisée par Valérie Paillé pour « Tracks » et des extraits du live au Trabendo seront bientôt visibles sur Arte.

Enjoy these Pleasures…

Photo © Sikha Robleto